Syndrome des bâtiments malsains : comprendre ce que votre bâtiment vous fait

Réponse rapide

Le syndrome des bâtiments malsains désigne des symptômes qui apparaissent quand vous entrez dans un bâtiment et s’estompent quand vous en sortez, sans cause unique identifiable. Quatre facteurs expliquent la plupart des cas : un apport d’air neuf insuffisant, les produits chimiques émis par le contenu du bâtiment, l’air pollué aspiré depuis l’extérieur et l’humidité qui nourrit des contaminants biologiques.

Publié le 24 septembre 202615 min de lectureFondé sur les preuves
Un bureau moderne en open space avec des fenêtres fixes, un faux plafond et un éclairage encastré, le type de bâtiment à ventilation mécanique qui suscite des plaintes sur la qualité de l’air intérieur

C’est sur ce type de plateau fermé et ventilé mécaniquement que les plaintes se concentrent. Photo by K2 Space, Flickr, CC BY 2.0.

Nous passons environ 90 % de notre vie à l’intérieur, et pendant presque tout ce temps, un bâtiment fait son travail sans qu’on le remarque. Il nous protège des intempéries, maintient une température agréable et fournit assez d’air neuf pour que respirer ne devienne jamais un sujet.

Quand ce dernier point se dégrade, les occupants le remarquent avant les instruments. Des maux de tête arrivent en milieu de matinée et les yeux piquent à l’heure du déjeuner. Une lourdeur se dissipe sur le trajet du retour et revient le lundi. Plusieurs collègues décrivent la même chose sans s’être concertés.

Si vous avez déjà travaillé dans un lieu qui vous laissait dans le brouillard à quatorze heures et vous rendait les idées claires le samedi, vous connaissez déjà ce schéma.

Connaître ce schéma ne vous dit pas pour autant lequel de quatre problèmes très différents vous concerne. Et l’étape qui semble évidente, faire mesurer l’air, est celle dont l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) dit qu’elle ne trouve généralement rien.

01Trop peu d’air neuf

C’est la cause la plus fréquente et la plus facile à mesurer. Un capteur de CO2 la confirme ou l’écarte en une journée.

02Le contenu du bâtiment

Colles, moquettes, tissus d’ameublement, panneaux de bois aggloméré, photocopieurs et produits d’entretien émettent tous en même temps.

03L’air aspiré depuis l’extérieur

Des prises d’air proches d’un quai de livraison, d’un parking ou d’une route passante, ou un bâtiment qui réaspire ses propres rejets.

04L’humidité qui nourrit des contaminants

De l’eau dans les gaines, les bacs de condensats, les dalles de faux plafond ou la moquette. C’est la cause habituelle quand un bâtiment reste malsain pendant des années.

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Ce que désigne le syndrome des bâtiments malsains

Le terme couvre les situations où les occupants d’un bâtiment ressentent des effets aigus sur leur santé et leur confort, qui semblent liés au temps passé sur place. Aucune maladie ni cause précise ne peut être identifiée.

L’Organisation mondiale de la santé a introduit le terme en 1983, après un rapport sur les effets des bâtiments sur leurs occupants. Un rapport de comité paru l’année suivante estimait que jusqu’à 30 % des bâtiments neufs ou rénovés dans le monde suscitaient des plaintes excessives sur la qualité de l’air intérieur.

Les bâtiments visés par ces plaintes étaient les plus récents, les plus étanches et les plus ventilés mécaniquement, et non les vieux bâtiments pleins de courants d’air.

En France, l’INRS traite le sujet dans son guide Syndromes collectifs inexpliqués dans les bureaux (ED 6370). Il y parle aussi de « syndrome collectif inexpliqué », l’expression que Santé publique France emploie quand des symptômes non spécifiques touchent plusieurs personnes d’un même lieu.

Syndrome des bâtiments malsains ou maladie liée au bâtiment

Le syndrome des bâtiments malsains signifie que la cause n’a pas été identifiée et que les personnes se sentent mieux peu après avoir quitté le bâtiment. Une maladie liée au bâtiment (building related illness) signifie l’inverse. Elle correspond à une affection diagnosticable, avec une cause clairement identifiable et une récupération qui peut prendre longtemps, même après la fin de l’exposition.

Syndrome des bâtiments malsainsMaladie liée au bâtiment
CauseNon identifiéeClairement identifiable
DiagnosticAucune maladie préciseUne maladie diagnosticable
SymptômesIrritation et inconfort, avec des maux de tête, une toux sèche, une peau qui gratte, des difficultés de concentration et une sensibilité aux odeursPlus proches d’une maladie, avec de la fièvre, des frissons, une oppression thoracique et des douleurs musculaires
RécupérationPeu après avoir quitté le bâtimentParfois longue, même après la fin de l’exposition
ExempleTout un étage de personnes qui ont mal à la tête sans explicationLa légionellose

La légionellose est l’exemple type de maladie liée au bâtiment. Elle vient d’un bâtiment, elle a un nom, un test et un traitement, et personne ne la qualifierait de syndrome d’origine inconnue.

Les symptômes, et le moment où ils apparaissent

Maux de têteIrritation des yeux, du nez ou de la gorgeToux sèchePeau sèche ou qui gratteVertiges et nauséesDifficultés de concentrationFatigueSensibilité aux odeursDouleurs musculaires et articulairesNez bouchéAsthme qui s’aggrave

Prise seule, cette liste pourrait décrire une douzaine de choses, et c’est le moment d’apparition qui la distingue. Les symptômes apparaissent ou s’aggravent pendant le temps passé dans le bâtiment, s’atténuent dans les heures qui suivent la sortie et touchent plus d’une personne qui utilise le même espace.

Ce troisième point compte le plus. Un problème qui touche une seule personne dans un bureau a plus de chances d’être personnel, qu’il s’agisse d’une allergie, d’un virus ou d’autre chose. Un problème qui touche six personnes installées près de la même centrale de traitement d’air vous renseigne sur cette centrale.

Un simple relevé sur deux semaines permet de trancher. Notez le symptôme, l’heure et l’endroit où vous étiez. Le schéma apparaît ou n’apparaît pas, et les deux réponses sont utiles.

Un apport d’air neuf insuffisant

Une ventilation insuffisante provoque plus de syndromes des bâtiments malsains que toute autre cause, et c’est aussi la cause la plus facile à mesurer.

Aux États-Unis, pendant une grande partie du vingtième siècle, les normes de ventilation demandaient environ 25 m³/h d’air extérieur par occupant, surtout pour diluer les odeurs corporelles. Après le choc pétrolier de 1973, les mesures nationales d’économie d’énergie ont ramené ce débit à environ 8,5 m³/h par personne.

Les bâtiments sont devenus plus étanches et moins chers à chauffer. Ils ont aussi commencé à rendre leurs occupants malades, et les plaintes qui ont suivi sont la raison même de l’existence du terme. L’ASHRAE, l’organisme américain qui publie les normes de ventilation, a fini par remonter le débit à environ 25 m³/h par personne, et à 34 m³/h dans les bureaux. En France, le Code du travail impose au moins 25 m³/h d’air neuf par occupant dans les bureaux, selon le guide de l’INRS.

Beaucoup de bâtiments fonctionnent encore en dessous de ce que prévoyait leur propre conception. Un système correctement dimensionné en 1995 a souvent aujourd’hui son registre d’air neuf presque fermé, pour économiser le chauffage.

Le dioxyde de carbone permet de le vérifier sans faire appel à qui que ce soit. Nous en expirons en permanence, donc le CO2 intérieur augmente quand l’apport d’air extérieur ne suit plus le nombre de personnes dans la pièce. Il sert d’indicateur direct du taux de renouvellement d’air.

420 ppmAir extérieur
Moins de 800Objectif fixé en Californie pour les salles de classe
1000Seuil du règlement sanitaire départemental, et début d’une baisse cognitive mesurable
1120Plafond indicatif de l’ASHRAE, 700 au-dessus de l’extérieur
Plus de 1200Un niveau atteint en milieu d’après-midi répond à la question

L’air extérieur se situe autour de 420 ppm. En France, le règlement sanitaire départemental type fixe 1000 ppm en conditions normales d’occupation pour les locaux qu’il couvre, et l’INRS considère un local comme sous-ventilé au-delà de ce seuil. L’ASHRAE recommande de rester à moins d’environ 700 ppm au-dessus de l’extérieur, soit vers 1120 ppm. Les travaux sur les performances cognitives ont mesuré une baisse à partir d’environ 1000 ppm, et le département de la santé de Californie recommande de maintenir les salles de classe sous 800 ppm.

Un capteur de CO2 à cellule NDIR reste un appareil abordable. Posez-le sur votre bureau pendant une semaine de travail et observez ce qui se passe entre neuf heures et dix-sept heures. Une valeur qui dépasse 1200 ppm en milieu d’après-midi et redescend la nuit répond à votre question.

Les polluants émis par le bâtiment lui-même

Si la ventilation est correcte, la catégorie suivante regroupe les polluants chimiques de source intérieure, c’est-à-dire tout ce que le bâtiment et son contenu libèrent dans l’air.

L’essentiel de la pollution de l’air intérieur vient de l’intérieur. Les colles, les moquettes, les tissus d’ameublement, les panneaux de bois reconstitué, les photocopieurs, les pesticides et les produits d’entretien émettent tous des composés organiques volatils (COV), dont le formaldéhyde.

Certains COV ont des effets sur la santé à forte concentration, et quelques-uns sont des cancérogènes reconnus. Le syndrome des bâtiments malsains vient le plus souvent d’autre chose, à savoir de faibles ou moyennes concentrations de nombreux composés à la fois, dont aucun ne poserait problème seul. La fumée de tabac entre aussi dans cette catégorie là où elle est présente, car elle apporte à la fois des COV et des particules fines.

Une moquette neuve, une peinture fraîche, des meubles neufs et des menuiseries récentes émettent le plus fortement pendant les premières semaines, puis diminuent sur plusieurs mois. Des symptômes apparus dans le mois qui suit une rénovation désignent cette catégorie assez nettement pour agir.

Les panneaux de bois aggloméré méritent une attention particulière dans un aménagement neuf, car les colles urée-formol libèrent du formaldéhyde en continu, et la chaleur comme l’humidité accélèrent cette émission. En France, l’étiquette réglementaire des matériaux de construction et de décoration, de A+ à C, indique leur niveau d’émission de COV.

Un éclairage artificiel médiocre et l’éblouissement s’ajoutent à ces facteurs, car ils provoquent des maux de tête et une fatigue visuelle qui se confondent avec le même tableau.

L’air aspiré depuis l’extérieur

Les polluants chimiques d’origine extérieure forment la catégorie que l’on oublie, car on a cherché à l’intérieur depuis le début.

Des prises d’air mal placées produisent cet effet de façon régulière. Une prise d’air proche d’un quai de livraison, d’un local poubelles, d’un parking ou d’une route passante aspire les gaz d’échappement directement dans le soufflage. Les évents de plomberie et les rejets des sanitaires et des cuisines du bâtiment peuvent être réaspirés de la même façon si leurs sorties sont proches d’une prise d’air.

Dans une maison, c’est le garage attenant qui joue ce rôle. Démarrer une voiture sous une chambre suffit pour que les gaz de combustion suivent la différence de pression vers l’intérieur.

Le moment d’apparition trahit cette catégorie, car il suit l’activité extérieure et non l’occupation. Des symptômes plus forts pendant les livraisons, aux heures de pointe ou quand le vent vient d’une direction précise désignent une cause extérieure.

L’humidité et les contaminants biologiques

Les bactéries, les moisissures, les pollens et les virus forment la catégorie des contaminants biologiques. Quand un syndrome des bâtiments malsains persiste pendant des années et non des semaines, c’est le plus souvent là que se trouve la vraie réponse.

Ces contaminants ont besoin d’eau stagnante ou d’une humidité durable. Dans un bâtiment ventilé mécaniquement, il s’agit en général d’eau qui stagne dans les gaines, les humidificateurs, les batteries froides ou les bacs de condensats, et c’est là que la moisissure dans une VMC ou une climatisation démarre le plus souvent. Dans n’importe quel bâtiment, il peut s’agir d’eau qui a atteint des dalles de faux plafond, une moquette ou un isolant et qui y est restée.

Des gaines et un caisson de traitement d’air qui traversent un plénum sombre au-dessus d’un faux plafond
Dans un bâtiment ventilé mécaniquement, il s’agit en général d’eau qui stagne dans les gaines, les humidificateurs, les batteries froides ou les bacs de condensats. Photo by comedy_nose, Flickr, CC BY 2.0.

Quand un matériau riche en cellulose reste mouillé une à deux semaines, les espèces en cause changent. Stachybotrys chartarum, la moisissure que l’on appelle moisissure noire, a besoin de cette saturation prolongée pour s’installer, et elle produit des mycotoxines en plus des allergènes. Un bâtiment dans cet état est passé d’une plainte de ventilation à un bâtiment dégradé par l’eau, ce qui représente un problème d’une autre ampleur.

Les symptômes changent un peu quand des contaminants biologiques sont en jeu. En plus de l’irritation habituelle, les occupants signalent une toux, une oppression thoracique, de la fièvre, des frissons et des douleurs musculaires. Le tableau commence alors à ressembler à une maladie liée au bâtiment.

Les légionelles représentent l’extrémité grave de cette catégorie. Elles provoquent la légionellose et la fièvre de Pontiac, et se multiplient précisément dans ces conditions d’eau stagnante.

Une odeur de moisi persistante est l’indicateur le moins cher dont vous disposez, car les gaz qu’une colonie en croissance libère voyagent plus loin que la colonie elle-même. Notre guide pour remonter à la source d’une odeur de moisi explique comment la suivre, et le guide d’identification des moisissures précise ce qu’une analyse de poussière peut confirmer.

Pourquoi les mesures de l’air reviennent souvent normales

Le conseil habituel quand un bâtiment rend les gens malades est de faire analyser l’air. C’est aussi l’étape la plus susceptible de coûter de l’argent pour rien et de laisser tout le monde plus perplexe.

La position de l’EPA américaine

Selon l’EPA, les prélèvements d’air renseignent rarement sur les causes possibles, et ils peuvent même induire en erreur. Les concentrations de polluants dépassent rarement les normes et les valeurs guides existantes, même quand les occupants continuent de se plaindre de leur santé.

Le syndrome des bâtiments malsains vient en général de nombreux composés à faible concentration, et chaque valeur mesurée reste dans les limites. Un prélèvement d’air est un instantané, donc il manque tout ce qui varie selon l’heure ou la météo. Les valeurs guides elles-mêmes ont surtout été fixées pour des expositions industrielles, et non pour huit heures par jour dans un bureau. L’INRS note de son côté que, dans des bureaux, dénombrer les micro-organismes de l’air n’apporte en général pas d’information utile pour estimer un risque.

La température, l’humidité relative, le CO2 et les mouvements d’air donnent une image utile du fonctionnement du bâtiment, et ces quatre mesures coûtent peu.

La démarche des enquêteurs fonctionne mieux. Elle commence par une visite qui couvre quatre points : les occupants, le système de ventilation et de climatisation, les voies de transfert des polluants et les sources possibles de contamination. On formule une hypothèse, on la vérifie, et on recommence jusqu’à ce que le problème soit réglé.

Identifier la cause dans votre cas

Une version de cette démarche peut se mener chez soi en deux semaines, pour très peu d’argent.

  1. 01Commencez par un relevé. Notez pendant deux semaines le symptôme, l’heure et le lieu, et indiquez si des personnes proches signalent la même chose. Ce relevé établit si le bâtiment est en cause.
  2. 02Ajoutez un capteur de CO2. C’est l’instrument le moins cher qui réponde à une vraie question. Une semaine de travail de mesures indique si la ventilation est suffisante. Des valeurs qui restent sous 800 ppm font descendre la ventilation dans votre liste et orientent vers les causes chimiques et biologiques.
  3. 03Prenez un hygromètre en même temps. Une humidité relative entre 40 et 60 % correspond à la zone confortable. Des valeurs durablement plus hautes favorisent les contaminants biologiques, et des valeurs plus basses dessèchent directement les yeux et les voies respiratoires.
  4. 04Retracez l’histoire récente du bâtiment. Tout ce qui a été installé, peint, posé ou rénové au cours des six derniers mois place les sources chimiques en tête de liste. Une fuite, une inondation ou un problème de toiture au cours des deux dernières années y place plutôt les causes biologiques.
  5. 05Faites le tour de l’extérieur et repérez les prises d’air. Notez ce qui se trouve à moins de 4 à 5 mètres environ.
  6. 06Utilisez ensuite le test du week-end de façon délibérée. Un long week-end loin du bâtiment, ou mieux deux semaines, vous en apprend davantage que n’importe quel instrument. Une récupération complète désigne le bâtiment. Une récupération partielle oriente ailleurs.
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Ce qui règle vraiment le problème

Supprimer la source de pollution est l’approche la plus efficace quand cette source est connue. Cela peut consister à remplacer les dalles de faux plafond et la moquette tachées par l’eau, à nettoyer ou remplacer les filtres de la ventilation selon le calendrier prévu, ou à évacuer une émission précise vers l’extérieur. Il est aussi utile de stocker peintures, colles et solvants dans un local ventilé, et de laisser les nouveaux matériaux émettre leurs composés avant de réoccuper un espace.

Augmenter la ventilation et améliorer la distribution de l’air constitue le levier suivant, souvent le moins cher. Beaucoup de systèmes peuvent atteindre leur débit de conception et ne sont simplement pas réglés pour le faire. Une extraction locale aide là où une zone précise génère des polluants, donc les salles d’impression, les cuisines et les sanitaires gagnent à être extraits directement, sans compter sur la seule dilution générale.

L’épuration de l’air aide à la marge et fait l’objet de promesses excessives. Les filtres ordinaires des centrales de traitement d’air ne captent pas les petites particules. Les filtres haute performance les captent, pour un coût plus élevé. Aucun des deux ne retient les gaz, qui demandent des médias adsorbants chers et à remplacer souvent. Un purificateur d’air HEPA est utile contre les particules et les spores, sans rien changer à un défaut de ventilation.

La maîtrise de l’humidité complète ces mesures. Maintenir l’humidité relative entre 40 et 60 % supprime les conditions dont les contaminants biologiques ont besoin, et un déshumidificateur est l’outil habituel quand l’humidité est en cause.

Quand ce n’est pas un syndrome des bâtiments malsains

Tout ce qui précède suppose que vous alliez mieux en quittant le bâtiment. Chez certaines personnes, ce n’est pas le cas.

Quand un bâtiment a eu un problème d’eau, certains occupants développent une réponse inflammatoire qui continue après la fin de l’exposition. Environ un quart de la population porte des variants immunitaires HLA-DR qui rendent difficile l’élimination des mycotoxines et des autres biotoxines. Dans ce groupe, une fois lancée, l’inflammation peut s’entretenir d’elle-même.

Cette affection porte un nom. Le syndrome de réponse inflammatoire chronique, abrégé en CIRS, est ce que l’on désigne quand on parle de maladie ou d’intoxication aux moisissures, et non d’allergie aux moisissures.

Ce n’est pas un syndrome des bâtiments malsains, car la cause est identifiable et la récupération n’est pas rapide. Il relève des maladies liées au bâtiment, et il explique pourquoi deux personnes peuvent partager un bureau pendant trois ans alors qu’une seule tombe malade.

Notre page sur les symptômes d’intoxication aux moisissures présente le tableau complet, le guide sur la dangerosité de la moisissure noire explique le mécanisme, et la comparaison entre les moisissures et d’autres affections détaille avec quoi on la confond.

Si ce schéma vous correspond, un test d’exposition aux toxines des moisissures mesure l’effet sur vous et non le contenu de l’air, ce que les prélèvements d’air ne font pas. Notre test VCS gratuit dépiste le déficit de sensibilité aux contrastes visuels associé à l’exposition aux biotoxines, avec le questionnaire de symptômes, et prend environ quinze minutes, sans création de compte.

Si vous avez déjà les résultats d’une analyse environnementale ou d’un test urinaire des mycotoxines, l’ outil gratuit d’interprétation des résultats les explique en langage clair.

Le dépistage se fait dans votre navigateur et prend environ quinze minutes, de la calibration au résultat.

Commencer le test

Questions fréquentes

Le syndrome des bâtiments malsains existe-t-il vraiment ?

Le tableau de symptômes est bien documenté, et l’Organisation mondiale de la santé le reconnaît depuis 1983. Le mécanisme reste discuté, car aucun agent unique n’explique tous les cas. Un bâtiment qui provoque des plaintes groupées, qui disparaissent quand les occupants en sortent, a un problème, quelle que soit l’étiquette qu’on lui donne.

Comment prouver un syndrome des bâtiments malsains ?

Par un schéma récurrent, et non par un test. Des symptômes liés au temps passé dans le bâtiment, un soulagement à la sortie et leur regroupement chez des personnes qui partagent le même espace sont les trois indices retenus par l’agence américaine de protection de l’environnement. Un relevé daté des symptômes de plusieurs occupants pèse davantage auprès d’un gestionnaire de bâtiment qu’un prélèvement d’air isolé.

Quelle différence entre syndrome des bâtiments malsains et maladie liée au bâtiment ?

Le syndrome des bâtiments malsains n’a pas de cause identifiée, et les personnes récupèrent peu après avoir quitté le bâtiment. Une maladie liée au bâtiment correspond à une affection diagnosticable, avec une cause claire et une récupération qui peut être beaucoup plus longue. La légionellose est une maladie liée au bâtiment. Un étage entier de personnes qui ont mal à la tête sans explication relève du syndrome des bâtiments malsains.

Le syndrome des bâtiments malsains peut-il laisser des séquelles ?

Le syndrome lui-même désigne des effets aigus et réversibles. Une exposition prolongée à certaines causes sous-jacentes pose une autre question, car l’humidité et les moisissures sont associées à l’apparition d’un asthme, et pas seulement à des poussées de symptômes. Des symptômes qui ne disparaissent plus à la sortie du bâtiment suggèrent que la situation a dépassé le stade réversible.

Combien de temps dure un syndrome des bâtiments malsains ?

Les symptômes s’atténuent en général en quelques heures à une journée après avoir quitté le bâtiment. Le problème du bâtiment peut être temporaire et disparaître une fois qu’une rénovation a fini d’émettre ses composés. Il peut durer des années quand un système de ventilation fonctionne en dehors de ses réglages de conception.

Pourquoi ai-je mal à la tête seulement au travail ?

Trois explications couvrent la plupart des cas. Le dioxyde de carbone peut s’accumuler plus vite que la ventilation ne l’évacue, des COV peuvent être émis par le mobilier ou les équipements, ou un air trop sec peut irriter les voies respiratoires. Un capteur de CO2 distingue la première explication des deux autres en une semaine.

À partir de quel taux de CO2 apparaissent les symptômes ?

Des études ont observé une baisse des performances cognitives à partir d’environ 1000 ppm. En France, le règlement sanitaire départemental type fixe 1000 ppm en conditions normales d’occupation pour les locaux concernés, et l’INRS considère un bureau comme sous-ventilé au-delà. Les recommandations de l’ASHRAE placent le plafond vers 1120 ppm. L’air extérieur se situe autour de 420 ppm.

Une maison peut-elle avoir un syndrome des bâtiments malsains ?

Oui, même si les causes ne pèsent pas de la même façon. Les logements comptent davantage d’appareils à combustion, plus d’humidité et moins de ventilation mécanique, alors que les bureaux comptent davantage de COV issus des équipements et du mobilier et plus de problèmes de systèmes partagés. La démarche de diagnostic reste la même.

Qui doit régler le problème ?

Sur un lieu de travail, l’employeur doit assurer l’aération et l’assainissement des locaux selon le Code du travail, et le médecin du travail peut être sollicité. Une plainte documentée par plusieurs occupants déclenche le plus souvent une enquête. Dans un logement loué, le bailleur doit fournir un logement décent, ce qui couvre en général la ventilation, l’humidité et les causes liées au bâti.

Quels examens permettent de diagnostiquer un syndrome des bâtiments malsains ?

Aucun, au sens d’un test qui donnerait un résultat positif. L’évaluation porte sur le débit de ventilation, le CO2, la température, l’humidité et la présence d’humidité ou de contaminants, en parallèle du schéma de symptômes des occupants. Quand la question porte sur ce qui arrive à une personne, et non sur ce que contient l’air, un score de symptômes et un test de sensibilité aux contrastes visuels mesurent directement la réponse.

Sources : le guide de l’INRS Syndromes collectifs inexpliqués dans les bureaux, la page de l’ EPA sur le syndrome des bâtiments malsains (en anglais) et les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé sur l’humidité et les moisissures (en anglais).